Fini Merzouga et les dunes immenses. Hier, les Trophistes se sont lancés à l’assaut du marathon pour rejoindre Marrakech ce vendredi. Au terme de cette étape de 48 heures en autonomie, il y a tant de choses à raconter. Immersion au cœur de l’aventure, jour 1.

 

 

Des Trophistes bien rôdés

 

Au départ, ils ne se rendaient pas bien compte. Encore sous le charme de l’atmosphère si particulière de l’Erg Chebbi et avec une pointe de nostalgie, les participants ont entamé la journée avec les préoccupations habituelles et variées d’un Trophiste bien rôdé après une semaine d’aventure. Loin d’imaginer le périple qui les attendait …

A l’entrée de piste du kilomètre 70, on a d’abord trouvé un rêveur de St Brieux, Anthony (équipage 686) en plein selfie avec Jean-Jacques, le Directeur de course. Cet amateur de photographie se réjouissait déjà des clichés accumulés durant le rallye, pas inquiet pour un sou en évoquant son pilote qui venait d’abîmer sérieusement les amortisseurs en franchissant le CP1 avec un peu trop de fougue. Aujourd’hui, il fallait avancer ! A 11 :10, 840 véhicules avaient d’ailleurs pointé ce CP. Plus loin, des bricoleurs… Les pros de l’équipage 1071 réparaient en effet une fuite d’essence abrités sous un arbre : « C’est le réservoir, on va se débrouiller ! ». Besoin de personne en somme: juste un peu de bricole, une dose d’entraide et beaucoup de patience …

Et puis il y a les compétiteurs. Aux alentours du Pk 95, alors que les 4L se sont mises à trembler au passage d’une zone très caillouteuse, la 4L jaune et bleue de l’équipage 1764 a tenté une petite coupe par la droite de la piste principale. Les prises de risques et les bons réflexes s’imposent naturellement à ce stade de la compétition. Un peu de sable ? Illico, la copilote de l’équipage 971 saute pour pousser et ça repart aussitôt. Plus de doute, à les voir évoluer, les Trophistes étaient fin prêts à entamer le marathon, dont 230 kilomètres de spéciales, rien que ça.

 

 

Les dernières grandes étendues désertiques

 

En toile de fond aujourd’hui, principalement de très vastes plateaux désertiques parfois parsemés d’acacia. Pour un peu, on aurait bien vu débarquer une girafe ou un zèbre tant ces immenses plateaux évoquaient la savane, exception faite de l’herbe à chameau: nous étions bien dans le désert marocain. Peu après midi, les 4L ont d’ailleurs traversé un nouveau bac à sable (il n’y en a pas qu’au pied des dunes…). Pour ceux-là, il a fallu sortir les plaques et se retrousser les manches pour désensabler. Au beau milieu de ce superbe décor, Loïc (équipage 665) était aussi à pied d’oeuvre en pleine intervention mécanique en mode “confiant”. Normal quand comme lui, on a monté sa 4L seul, on la connaît par cœur et on est totalement autonome: un amortisseur à changer, c’est juste une question de temps.

Mais après l’effort, le réconfort. C’est après le CS4 et le village fantôme indiqué au roadbook que beaucoup se sont posés à l’ombre d’un arbre vers 13 :00. Pierre, sympathique étudiant qui débordait d’anecdotes nous a raconté un des temps fort de son aventure avec son coéquipier. “On s’est approchés par curiosité d’une maison à un kilomètre du tracé et on a fini invités à l’intérieur pour boire le thé avec la famille”. C’était son premier 4L TROPHY, il a adoré. Et le meilleur reste à venir. Ce soir, il a rendez-vous avec d’autres équipages au km 187 pour trouver un bivouac commun pour la nuit.

 

La soirée dans presque toutes les têtes

 

Après la pause casse-croûte et le dessert, poussière. En quittant cette zone, certains véhicules ont pu croiser un cerf-volant en forme de poulpe géant qui ressemblait à un détraqueur (#HarryPotter). C’est le pilote de l’équipage 1921 qui était aux manettes, avant de reprendre la route à son tour. En milieu de journée, la légère brise et la lumière incroyable sur les traînées de poussière derrière les 4L ont commencé à planter le décor de la fin de journée et de la soirée qui s’annonçaient intenses. Après le CS5 on a même eu droit à un mirage, croyant voir une grande étendue d’eau au loin. En s‘approchant des montagnes sur de nouveaux grands plateaux, les équipages ont encore dû traverser des portions de sable mou au CS7 avant de retrouver le goudron en route vers la recherche du lieu idéal de bivouac.

De nombreuses 4L portaient sur leur toit des fagots de bois mort en prévision de la soirée qui commençait à être dans toutes les têtes. Mais pour d’autres, toujours priorité à la compétition : à 14 :30, Thomas a été repéré dessinant sur son roadbook pour étudier d’éventuelles coupes. Nous saurons demain si ça a payé pour l’équipage 1843… En attendant, nouveau mirage, fatigue aidant, les 4L semblaient encore flotter sur l’eau à l’horizon du pk 130 !

Chemin faisant, les 4L ont plutôt bien roulé dans l’ensemble hier. Et peu avant 15 :00, plus de 650 véhicules avaient passé le CS8, à 138 kilomètres du départ. Les bretons au pare-brise cassé de l’équipage 1523 y faisaient un stop pour tenter de trouver un plexi de substitution, en vain… Le système D s’est imposé et c’est avec un pare-soleil troué au niveau des yeux qu’ils ont essayé de rouler… quelques mètres ! Leurs copains de Douarnenez vont bien se marrer en voyant les photos !

Côté bonne humeur, mention spéciale à Pauline la paloise de l’équipage 256, à son pot cassé, à sa tête « comme un tambour » et à son joli accent béarnais. « Je me suis régalée ! Je ne pensais pas voir autant de paysages au Maroc. En 24 heures, on est passé de la neige aux dunes ! ». L’heure était presque au bilan, mais cette étudiante souriante avait hâte, comme l’ensemble des Trophistes, d’attaquer la soirée en autonomie.